Négociations Israélo-palestinienne. Scepticisme ou optimisme prudent?

                     
 

On reparle de ce vieux conflit au Moyen Orient. Le Secrétaire d’Etat américain John .Kerry s’est rendu dans la région six fois depuis sa nomination à ce poste. Malgré de nombreux obstacles connus depuis des années, malgré la décision d’Israël de continuer à construire des colonies dans la Cisjordanie, et à l’Est de Jérusalem. les négociations

Israélo-palestiniennes ont repris. A quoi vont-elles aboutir?

Concernant ce conflit vieux de soixante-cinq ans, et tout au long de son histoire, le pessimisme a été totalement la règle durant ces dernières années. De grands efforts ont été déployés pour résoudre le problème, qui n’ont mené qu’à des résultats partiels ou à l’échec.

Qu’est ce qui a donc changé pour pousser les protagonistes à reprendre le dialogue malgré les énormes obstacles qui demeurent toujours sur leur chemin?

Nous tenterons de répondre à cette question, mais auparavant nous aborderons les perspectives dans lesquelles se déroulent les négociations.

Vu l’histoire et la nature de ce conflit, les parties ne sous-estiment nullement les énormes obstacles qui se dressent sur leur voie chaque fois qu’ils essaient de

rechercher les bases de son règlement définitif.

 Le 19 juillet 2013, le Secrétaire d’Etat annonçait la reprise qu’un accord israélo— palestinien a été trouvé pour reprendre les négociations interrompues depuis trois ans.

Le 29 et 30jui1let, les représentants des parties au conflit se retrouvaient à Washington pour entamer les pourparlers. Israël avait annoncé qu’il libérerait progressivement 104 prisonniers palestiniens. L’Autorité palestinienne avait accueilli favorablement cette annonce.

Ces deux réunions furent suivies par une première réunion officiel1e à Jérusalem le14 août après la libération par Israël de 26 prisonniers palestiniens. Une deuxième

réunion a eu lieu à Jéricho le 20 août.

 

 la communauté internationale salua la reprise des négociations. Le 30 juillet, la Quartet (Nations Unies, Union Européenne, Etats-Unis et Russie) félicita le Président Mahmoud Abbas et le Premier Ministre Benjamin Netanyahou pour avoir adopté «cette décision courageuse dans l’intérêt de leurs peuples. La Quartet réitéra son appui aux efforts des deux parties en vue d’aboutir à une solution de deux états au cours des neuf mois qui suivent,

Le 15 août, au Cours d’une conférence conjointe avec le Président Palestinien à Ramallah le Secrétaire général des Nations Unies Ban ki-moon déclarait, « après des années de frustration, beaucoup de gens expriment encore le doute en ce qui concerne la possibilité du succès. C’est maintenant le moment de prouver que ceux qui sont sceptiques ont tort.»

Le Secrétaire d’Etat sait très bien qu’un air de pessimisme existe parmi les dirigeants et les professionnels qui s’intéressent à la question du conflit israélo-palestinien. Récemment, on les entendait dire que les Etats Unis ne devraient pas essayer de refaire la carte du Moyen Orient. Ils prétendent aussi donner conseil au Président Obama pur ne pas faire de cette question une qui entacherait son héritage on cas d’échec, et après son dernier mandat. Il reste plusieurs obstacles. Les Israéliens et les Palestiniens sont divises sur la question de la reprise des négociations et sur Leur issue. Mais Kerry est déterminé. il a derrière lui l’appui du Président et sa riche expérience de Président de ta Commission sénatoriale des .Relations Extérieures.

 

«Je sais que les négociations vont être difficiles, » a déclaré M. Kerry. «mais je sais également que les conséquences de ne pas essayer pourraient être pires.»

Kerry, on prononçant cet avertissement, doit avoir bien des choses à l’esprit.

D’abord la situation stratégique dans la région du Moyen Orient est on train de se transformer rapidement. Israël a des frontières avec des états arabes dont la situation intérieure est fragile en ce moment: l’Egypte à l’Ouest la Syrie à l’Est; le Liban au Nord, Personne ne peut prévoir ce que deviendront ces situations à l’avenir ou prédire l’orientation politique de ces états de plus, la communauté internationale a pris conscience du drame palestinien et de la nécessité de prendre des mesures pour le résoudre. Israël ans doute sera plus isolé à l’avenir en l’absence d’un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. L’Union européenne a donné le premier signe. qui a provoqué la colère du Premier Ministre Netanyahou L’Union a récemment décidé de ne plus financer les groupes opérant dans les colonies on territoires occupés.

 

Mais la raison plus immédiate qui expliquerait la pression exercée pour la reprise des négociations directes réside sans doute dans l’intention de Mahmoud Abbas et de ses Collègues de demander à l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre prochain de reconnaître la Palestine comme un Etat à pleins droits. Ce qui signifierait

sans doute la mort de la solution de deux Etat établis par un processus de négociations directes. Les implications et les conséquences de cette action ne peuvent qu’être imaginées.

D’où I’ urgence de reprendre les négociations et d’essayer de parvenir à un accord Sur toutes les questions clés: les frontières. la sécurité, les réfugiés. Jérusalem.

    C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre la détermination des Etats-Unis d’exercer tous les efforts possibles. malgré le scepticisme régnant, afin de pousser les parties à trouver des solutions qui sans doute exigeront des décisions courageuses et des concessions d’une part et d’autre.

Et c’est sans doute dans ce contexte que l’on comprendrait le recours par les parties à un nouveau langage conciliant. Surtout du côté des dirigeants israéliens.

«Nous saluons la décision du gouvernement israélien de relâcher les prisonniers.. .Nous estimons qu’il  s’agit d’une étape importante et espérons pouvoir saisir l’opportunité fournie par les efforts de l’Administration américaine pour parvenir à un accord de paix durable et juste » a affirmé Saeb Erakat, le principal négociateur palestinien

Le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, en annonçant A son cabinet la décision de libérer les prisonniers palestiniens a déclaré

«Il y a des moments où on doit prendre des décisions difficiles pour le bien du pays, et c’est un de ces moments.»

Sur sa page dans Facebook, Netanyahou a encore affirmé

«A l’heure actuelle, il me semble de la plus haute importance que l’Etat d’Israël entre» en négociations. « C’est important à la fois pour maximiser les possibilités de mettre fin au conflit avec les Palestiniens et pour renforcer la position d’Israël » sur le plan international.

De son côté, l’ancien Ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Dany Gillerman, a déclaré au journal The Wall Street Journal:

«Je crois vraiment, probablement pour la première fois, que Netanyahou désire vraiment conclure un accord,»

Le journal cite un officiel américain de haut rang, selon lequel «il y a une réalité d’une déligitimation d’Israël qui se prépare. et c’est là un facteur contextuel» qui contribue à expliquer le changement dans la pensée de M. Netanyahou.

L’environnement, les circonstances et les conditions ont évolué depuis la dernière rencontre entre les Palestiniens et les Israéliens en 2010. La tension dans la région est grande et la sécurité et la stabilité incertaines. Le moment d’un règlement du conflit est venu. L’occasion ne doit pas être manquée.

 

Abdelkader Abbadi, docteur ès science politique. Ancien directeur,

Département du conseil de sécurité, Nations unies 

 

 

 


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